Bonjour, je me présente. Tout d'abord, mon prénom est Claude, mon nom est Picard. Je viens d'avoir trente quatre ans, le quatre décembre 2008. Je suis étudiant en histoire de l'art à l'université Michel de Montaigne, à Pessac. Je vis dans un petit appartement au 7 rue Paul Denucé à Bordeaux.

Comme cadeau d'anniversaire, mes parents Acracia et Jean-Paul, ainsi que ma soeur Emmanuelle mon offert un Eee PC de chez Asus. C'est sur cet ordinateur que j'écris ces lignes. C'est important pour la suite.

Ma vie je la passe entre les méandres de l'université et l' appartement. Le lundi je me rends chez mon docteur, puis comme dans un rituel je passe par Virgin, Mollat. Je passe devant le cinéma et je regarde les affiches. Je suis attentif aux nouvelles sorties puis je me dirige vers le lieu où je vis le plus souvent, mon appartement.

Au début de mon emménagement, l'appartement me servait de galerie d' exposition pour mes dessins et peintures. C'est devenu le siège de l'association Miss Bullingdon où j'ai organisé un vernissage pour les peintures de Sahra Esturgie. C'était sa première exposition. Tout c'est bien passé, sauf que nous n'avons vendu aucune toile. J'espère qu'elle peut vivre de son art aujourd'hui. Je vais aller sur la base donnée d'internet pour voir si elle peint encore.

Dans la semaine je ne sors que très peu, question d'argent simplement. Je ne sais pourquoi mais mon attrait pour ce qui se passe dans la réalité se délite. Il y a peu j'ai décidé de rester le plus souvent à la maison, pour voir combien de temps je peux rester enfermé, une sorte d' internement. En regardant sur Google à « internement volontaire », après avoir pensée à l'artiste Jean-Pierre Raynaud et son mastaba, j'ai lu une lettre type à adresser aux administrations pour une demande d'enfermement.

« Cher Monsieur,........ (copier-coller)

Je pense à cet artiste Chris Burden, qui pour son examen de fin d' étude dans son école d' art à Los Angeles, c'est enfermé dans le casier où l' élève peut mettre ses affaires, pendant trois jours. Il avait au préalable équipé son casier et celui du bas pour pouvoir uriner sans problème. L'histoire ne mis pas beaucoup de temps à se propager dans l'université. Les professeurs responsables de l'élève ne sachant que faire. Fallait-il intervenir? Arrêter la performance de ce jeune étudiant en art. Je pense que Chris Burden a eu son diplôme et n'est sorti de son casier que quand il jugea le moment opportun.

En tant qu'étudiant, je travaille sur les oeuvres contemporaines d'artistes qui utilisent, questionnent les nouveaux médias interactifs comme l'ordinateur. Voilà pourquoi il était important de savoir la marque de ma machine à écrire. J'ai essayé tout d'abord le système d'expoitation Windows de la bête noir Bill Gates. Je garde ce PC pour le travail sur les images et pour mes donnés. Le mini portable de chez Asus, n'est pas adapté pour la conservation. Je ne m'en sers que pour écrire allongé dans le lit, et dans le noir. Je peux ainsi tester un autre système d'exploitation : Linux. Ce système fonctionne sur la licence libre GNU.

Cela veut dire que les logiciels utilisés par Linux sont gratuits. Ils peuvent être modifié par n'importe qui dans la mesure où ce dernier le signale en amont dans la communauté Linux, Voilà en fait l'essentielle différence pour ce qui est de la concurrence avec Microsoft. Microsoft a une mentalité mercantile, hégémonique et de monopole.

Nous n'avons pas encore parler de la pomme : Apple. En effet je ne travaille pas sur Macintosh. Pas encore dirons nous. J'aimerais mieux connaître ce système pour le comparer aux autres. Voir dans les oeuvres d'artistes sur support et systèmes d'exploitation, les différences.

Je me suis lancé dans l'étude d' oeuvres d'artistes du mouvement Neen. Ce sont des oeuvres créées sur les supports des nouveaux médias interactifs. C'est l'objet de mon mémoire. http://www.manetas.com/

«Un retour à la réalité, à l autogestion dans cette phase de crise du libéralisme...grâce à l' internet, les individus peuvent constituer des liens entre les communautés, s' entre-aider, économiser leurs moyens de productions. »

C'est vrai les temps sont difficiles pour la plupart des gens. La débrouillardise, le bricolage, les rafistolages, l'optimisation,...l'intelligence reviennent.

Tout les jours depuis cinq années, Bruno vient boire son café et fumer son cigare à l'appartement. Il me demande quelques euros de temps en temps et je lui donne.

Cet homme vit dans la marge. Je lui ressemble de plus en plus. C'est à dire que nous résistons et nous vivons au jour le jour. Nous n'avons pas de centre d'intérêts communs. D'ailleurs il ne s'intéresse à rien. C'est vraiment un produit fini, bon à jeter. Il n'est pas rentable. C'est pour ça que je l'aime bien. Il est « neen ». Cela veut dire qu'il n'est pas Télic. C'est à dire qu'il ne pense pas dans le but de. Il n'a aucun objectif précis, à part celui de sa survie. C'est relativement triste.

Les survivants, on les voit dans la marge. La marge d'un texte qui s'écrit dans la rue, de jours médiatiques en jours médiatiques. La ville est structurée comme un clavier d'ordinateur. Le clavier et l'écran comme une stelle funéraire. La ville est saturée de signes. Elle constitue le corps du texte à élire. Chaque déplacement dans la ville est une lecture, une promenade, une virée.

Je pense être dans cette situation. Je survie et je me planque. Je m'internet. Je recharge les batteries et je prépare les assauts. J'écris à ce jour ce qui peut dans la forme passer pour un journal de bord. (C'est bon il écrit). Toute cette histoire est autre. Voilà déjà un moment que l'idée d'écrire devenait obligatoire. Je devais communiquer mes prés-sentiments. Le livre est plus pratique, mais l'histoire peut être imagée, voir sonore.

Je n'ai pas défini de mode d'écriture précisément. Il y en aura plusieurs. Le récit s'articule autour d'une vérité intérieure construite sur des prés-sentiments. Il m'est apparue le moment d'en faire part, d'avoir des confirmations dans le réel. Je vais vous conter l'histoire de Nouatchok.

L'histoire prend sa source dans la réalité. Je suis en train d'écrire un texte pour vous raconter. Nous ferons des allers-retours permanent entre trois mondes : celui de la réalité, du présent, le mien comme le votre, appelé monde II. Le monde sera donc celui de l'écriture, comme celui de la lecture du monde I et du monde III. J' y viens. Le monde I, je le ressens au fond de moi. C'est le monde des anciens, reculé dans le temps et l'espace. Il sera celui du passé, de notre passé. Le fait d'écrire sur le monde I, de vous faire part des images que je peux avoir de cette planète me dit qu'il y a encore de la vie là-bas. Je tente de me connecter (C'est bon il se connecte).

Le monde III, est donc celui du futur, ni présent, ni passé. Il est à vrai dire ouvert, mais ne peut être écrit, décrit. C'est la règle du jeu. Car ce monde doit être possible, donc non défini. Ce monde c'est le notre, à vous comme à moi. On y joue chacun un rôle, chacun sa survie.